
Par
Clément Janicot
Fondateur de Gus Assurance, courtier en prévoyance
Mis à jour le
October 22, 2026
Meilleurs contrats du marché (Abeille, April, Swisslife, Hodeva, Unim et autres)
Cardiologue libéral, vous gagnez en moyenne plus de 170 000 € par an, et c'est justement ce qui rend votre protection obligatoire si étroite : la Sécurité sociale puis la CARMF ne vous versent jamais plus de 197,51 € par jour, un peu moins de 6 000 € par mois. Pour un revenu de 14 000 € par mois, il manque plus de la moitié, sans compter le loyer, le secrétariat et l'échographe, qui continuent de coûter pendant votre arrêt.
prevoyance-madelin.fr est édité par Gus Assurance, courtier en prévoyance des indépendants. Cette page traite de ce qui est propre à la cardiologie : le calcul de la perte à votre niveau de revenu, les risques du métier, en particulier de l'activité interventionnelle, les frais généraux d'un cabinet équipé et le prix de trois contrats sur un même profil. Pour les règles communes à tous les médecins, voir notre guide prévoyance du médecin libéral.
Un médecin qui gagne plus de 144 180 € par an (3 fois le plafond de la Sécurité sociale) touche l'indemnité maximale, quel que soit son revenu réel. Pour un cardiologue au revenu moyen de la spécialité, environ 14 200 € par mois, cela donne :
| Période d'arrêt | Qui paie | Montant | Part du revenu |
|---|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne (carence) | 0 € | 0 % |
| Jours 4 à 90 | Assurance maladie (CPAM) | 197,51 € par jour, environ 5 925 € par mois | 42 % |
| Du 91e jour à 3 ans | CARMF | 197,51 € par jour, environ 5 925 € par mois | 42 % |
| Invalidité | CARMF | de 23 662 à 31 549 € par an, seulement si vous ne pouvez plus exercer du tout | 14 à 18 % |
Deux points aggravent le trou. D'abord, vos charges : loyer, secrétariat, crédit de l'échographe et du matériel d'épreuve d'effort et de Holter ne s'arrêtent pas avec vous, et ni la CPAM ni la CARMF n'y contribuent. Ensuite, l'invalidité partielle : la CARMF ne verse rien à un cardiologue qui ne peut plus faire d'actes techniques mais peut encore consulter.
Côté CPAM, l'indemnité se calcule sur vos revenus moyens des trois années précédentes ; côté CARMF, sur le revenu déclaré deux ans plus tôt. Un cardiologue installé depuis peu, ou dont le revenu vient de progresser, touche donc moins que le maximum.
Trois risques reviennent dans les études sur la spécialité, et chacun a une conséquence directe sur le choix du contrat.
Le tablier de plomb porté en salle de cathétérisme use le dos. Dans une enquête américaine menée auprès de 310 cardiologues interventionnels, près d'un sur deux déclarait au moins une lésion orthopédique : rachis lombaire pour 34 %, cervicales pour 25 %. Or beaucoup de contrats n'indemnisent un arrêt pour lombalgie ou cervicalgie qu'après une hospitalisation : vérifiez que ce n'est pas le cas du vôtre.
Une étude française menée sur 106 cardiologues interventionnels a retrouvé une opacité du cristallin chez 17 % d'entre eux, contre 5 % dans un groupe témoin. Une atteinte de la vue ne vous empêche pas forcément de consulter, mais peut vous interdire les gestes sous scopie : c'est le cas typique où seul un barème d'invalidité professionnel, qui mesure votre incapacité à exercer votre spécialité, vous verse une rente.
Selon une enquête de l'Ordre des médecins et du Conseil national professionnel de cardiologie, plus de la moitié des cardiologues déclaraient au moins un symptôme d'épuisement professionnel dans les trois mois précédents. Un contrat qui exige une hospitalisation pour indemniser un arrêt d'origine psychique ne vous couvrira presque jamais dans ce cas.
Si vous avez une activité interventionnelle, déclarez-la précisément à la souscription : c'est votre activité réelle qui sera regardée en cas de sinistre.
Partez de votre revenu net avant impôt, pas de vos honoraires. La prévoyance complète ce que versent la CPAM puis la CARMF : pour un cardiologue à 150 000 € de revenu, l'indemnité à prévoir est d'environ 213 € par jour, qui s'ajoutent aux 197,51 € du régime obligatoire.
Si vous sortez de l'hôpital ou du CHU pour vous installer, ne vous déclarez pas « créateur » sans réfléchir : chez certains assureurs, ce statut bride les garanties, notamment les frais généraux. Votre expérience hospitalière peut être prise en compte, sur justificatifs.
La plupart des cardiologues n'exercent pas seuls, et c'est votre contrat avec la clinique, vos associés ou votre société qui décide de ce qui continue à courir pendant un arrêt. Avant de fixer vos garanties, relisez-le sur ces points :
La redevance que vous versez à la clinique doit être la juste contrepartie des services qu'elle vous rend : locaux, personnel, matériel. Elle peut être forfaitaire, ou calculée en pourcentage de vos honoraires bruts, souvent autour de 10 % dans les contrats portés devant les tribunaux ; une clinique doit pouvoir justifier ce qu'elle facture, et une redevance excessive peut être remboursée. Le modèle de contrat d'exercice de l'Ordre des médecins ne prévoit pas de la suspendre en cas de maladie ; il vous oblige en revanche à organiser votre remplacement. En pratique :
En SCM, vous partagez les frais, pas les revenus : votre quote-part du loyer, du secrétariat et du matériel reste en principe due pendant votre arrêt. Certains contrats d'association prévoient l'inverse, l'associé présent supportant les frais communs pendant l'absence, contre un pourcentage des honoraires de votre remplaçant. Beaucoup prévoient aussi la fin du contrat si l'arrêt dépasse un certain nombre de mois. Vérifiez ces deux clauses : la première fixe le montant de frais généraux à assurer, la seconde vous dit ce que vous risquez en cas d'arrêt long. Et mettez la garantie à jour à chaque achat de locaux ou de matériel : une de nos clientes est passée de 3 000 à 7 000 € de frais généraux assurés après une association.
Une société d'exercice peut aussi s'assurer elle-même : des contrats « associés », comme celui de La Médicale, versent à la société la part des charges fixes de l'associé arrêté, jusqu'à trois ans, et un capital pour racheter ses parts en cas de décès ou d'invalidité. Ils complètent votre prévoyance personnelle, ils ne la remplacent pas.
Si vous êtes gérant, la rémunération fixée par les statuts ou par vos associés reste due pendant votre maladie, tant que vous n'êtes pas révoqué : la Cour de cassation l'a jugé pour un gérant de SELARL. C'est donc la société qui supporte la baisse d'activité. Pour la prévoyance, c'est vous qui adhérez, même si la société paie la cotisation, et le revenu à assurer est votre rémunération de gérance, plus votre bénéfice personnel si vous en avez un ; les dividendes ne comptent pas. Pensez aussi à couvrir les charges de la société.
Votre employeur maintient tout ou partie de votre salaire pendant une durée qui dépend de votre ancienneté et de la convention collective, souvent complétée par une prévoyance d'entreprise. Demandez à quel niveau et pendant combien de temps : un contrat individuel peut compléter, et couvrir une activité libérale à côté que le contrat collectif ignore.
Pour des charges très élevées, plusieurs dizaines de milliers d'euros par mois, un seul assureur ne suffit pas toujours : nous combinons alors deux contrats, par exemple Abeille, qui verse les frais généraux jusqu'à 24 mois, et un second assureur pour le complément. Enfin, avec un contrat forfaitaire, l'assureur ne vérifie pas vos revenus au moment de l'arrêt : il peut demander un justificatif à la souscription, et c'est à vous de mettre à jour le contrat si votre revenu change nettement, par exemple de plus de 30 %.
Nous avons chiffré le même profil chez trois assureurs : cardiologue libéral non-fumeur, 10 000 € de revenu mensuel assuré, 5 000 € de frais généraux par mois, 400 000 € de capital décès, franchise de 30 jours en maladie. Prix par mois :
| Âge à la souscription | Abeille Senséo (Paris) | Abeille Senséo (Lyon) | Unim | SwissLife |
|---|---|---|---|---|
| 35 ans | 174 € | 242 € | 219 € | 122 € |
| 45 ans | 253 € | 341 € | 219 € | 166 € |
| 55 ans | 431 € | 555 € | 496 € | 258 € |
Quatre enseignements :
Le capital décès pèse lourd, et de plus en plus avec l'âge : chez Abeille, il représente le quart du prix à 35 ans et plus de 40 % à 55 ans. Pour les cardiologues de 30 à 40 ans à qui nous avons envoyé des devis, le prix se situait le plus souvent entre 100 et 150 € par mois, pour 5 000 à 7 000 € de revenus et 1 500 à 3 000 € de frais généraux.
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🤝 Abeille, Unim et SwissLife comparés à garanties égales
🔍 Frais généraux du cabinet et barème professionnel inclus dans nos devis
Nous classons ici les contrats que nous distribuons et ceux que nous ne distribuons pas, mais que beaucoup de cardiologues ont souscrits pendant l'internat ou à l'installation. Tous sont jugés sur les mêmes critères : dos et psychique, barème et seuil d'invalidité, frais généraux, évolution du prix.
C'est le contrat retenu par tous les cardiologues que nous avons assurés depuis 2024, y compris quand une autre offre était un peu moins chère. Voir notre test d'Abeille Senséo.
Dans notre comparatif, SwissLife coûte moins cher qu'Abeille et Unim à 35, 45 et 55 ans, pour une rente d'invalidité comparable à celle d'Abeille. Voir notre test de SwissLife.
Le contrat de l'Union nationale pour les intérêts de la médecine, assuré par Allianz, déclenche la rente d'invalidité dès 10 % et garde le même prix de 35 à 49 ans. En contrepartie, la rente dépend du niveau des indemnités journalières choisies, et le capital décès se règle par tranches de 15 000 €. Point faible pour un cardiologue interventionnel : sans l'option Renfort Dos, les arrêts pour le dos sont exclus hors chirurgie. Voir notre test d'Unim.
Le contrat du Groupe Pasteur Mutualité est le plus protecteur des assureurs « maison » des médecins, avec des franchises courtes et une bonne couverture familiale. Ses limites : un prix souvent au-dessus du marché, des lombalgies sans lésion objectivable non couvertes, et une invalidité appréciée selon les « conditions normales d'exercice », qui peut réduire la rente. Voir notre test de GPM.
Distribué uniquement par les agents Axa, le contrat Agipi est forfaitaire et propose un barème professionnel. Mais les troubles psychiques n'y sont indemnisés que 365 jours sur toute la vie du contrat, sauf hospitalisation de plus de 10 jours, et les arrêts pour le dos subissent une franchise absolue de 30 jours. La cotisation augmente fortement avec l'âge. Voir notre test d'Agipi.
Souvent souscrit pendant l'internat pour 25 à 40 € par mois, le contrat Médiprat indemnise vite : dès le 8e jour en maladie, dès le 1er jour en hospitalisation. En revanche, la rente d'invalidité ne démarre qu'à 26 % et s'arrête à 65 ans, les troubles psychiques sont mal couverts, et le prix augmente chaque année avec l'âge. À l'installation, il est rarement mis à jour sur le revenu réel. Voir notre test de La Médicale.
Son tarif d'entrée et ses promotions à l'installation séduisent. Mais l'invalidité y est évaluée en tenant compte de votre capacité d'exercice restante, les troubles psychiques et la grossesse pathologique sont limités. Voir notre test de la MACSF.
Quel que soit votre contrat actuel, faites-le comparer avant de résilier, et ne résiliez l'ancien qu'une fois le nouveau accepté par l'assureur : la sélection médicale peut prendre plusieurs semaines.
Vous hésitez encore ? Voici quelques compléments d’informations sur les questions que l’on nous pose le plus souvent !
Chez Abeille Senséo, Unim et Hodeva, le cardiologue est tarifé comme les autres médecins, sans distinction pour l'activité interventionnelle. Déclarez-la quand même précisément à la souscription, et choisissez un contrat qui couvre le dos sans hospitalisation et évalue l'invalidité sur votre spécialité : ce sont les deux risques que l'activité en salle aggrave.
Vos deux revenus ne sont pas protégés de la même façon : votre part libérale relève de la CPAM puis de la CARMF, votre part hospitalière du statut de l'hôpital. La CARMF ne regarde que votre revenu libéral, ce qui fait baisser ses indemnités. Envoyez-nous vos deux revenus : nous construisons la couverture sur l'ensemble. Pour votre activité à l'hôpital, lisez notre guide prévoyance du médecin hospitalier.
Sur le papier, oui, et certains assureurs limitent alors les garanties, en particulier les frais généraux, pendant les premières années. Mais votre expérience hospitalière compte : chez Abeille, nous avons obtenu des dérogations sur présentation d'un CV et d'une attestation de l'établissement. Pensez aussi que la CPAM ne vous indemnise qu'après un an d'affiliation : la prévoyance est alors votre seule protection pour les 90 premiers jours.
Si vous rejoignez un groupe ou une clinique en secteur 2 après un poste de chef de clinique ou des remplacements, certains assureurs vous classent « créateur » et réduisent les indemnités, la rente et les frais généraux possibles. Vous changez de mode d'exercice, vous ne débutez pas : avec une promesse d'association, un prévisionnel et votre parcours, une dérogation peut être obtenue. Prévenez-nous avant de signer.
Oui, le plus souvent avec une exclusion de la zone concernée. Pour un genou opéré, elle dure en général une dizaine d'années, après quoi un changement d'assureur peut permettre de la faire lever. Remplissez le questionnaire médical sans rien omettre, et n'attendez pas : chaque nouvel antécédent ajoute une exclusion.
Trouver une prévoyance Madelin adaptée peut s'avérer complexe. Entre le jargon technique, la multitude de critères à prendre en compte et les options disponibles, il est facile de se sentir dépassé. Notre rôle est de vous accompagner pour clarifier ces éléments et vous permettre de vous focaliser sur ce qui compte réellement.
La garantie maintien de salaire prévoit le versement d'indemnités journalières en cas d'arrêt de travail. Ces indemnités sont versées à partir du 4e jour en cas d'accident ou d'hospitalisation mais les franchises sont plus longues en cas de maladie (30, 15 ou 7jours). Elles sont versées pendant une durée de 3 ans (vs 1 an pour la Sécu) et viennent en complément de celles versées par la Sécurité Sociale. Les indemnités versées par la prévoyance sont calculées par rapport à un revenu assuré qui doit être cohérent avec votre revenu réel. La prévoyance vous garantit de maintenir ce revenu assuré en cas d'arrêt de travail (en combinant ce qu'elle verse et ce que la Sécu verse).
Les indemnités versées par la prévoyance sont calculées par rapport à un revenu assuré qui doit être cohérent avec votre revenu réel. La prévoyance vous garantit de maintenir ce revenu assuré en cas d'arrêt de travail (en combinant ce qu'elle verse et ce que la Sécu verse).
Exemple : Vous vous assurez pour 2 000 € par mois et vous touchez 986€ de la Sécu alors la prévoyance versera 1 014€. Mais si vous dépassez un an d'arrêt alors l'indemnisation de la Sécu cesse et vous touchez 2 000€ de la prévoyance.
Le fait d'avoir lancé votre activité il y a moins de 3 ans va avoir plusieurs implications :
- La Sécurité Sociale couvre les TNS à partir du moment où ils ont cotisé pendant un an mais même après un an les indemnisations versées sont faibles puisque la Sécu vous verse 50% de vos revenus dans la limite de 2 003 € par mois (calculés sur la moyenne des 3 dernières années et les années à 0€ sont prises en compte). Une prévoyance est encore plus importante pour les personnes qui viennent de se lancer.
- Les assureurs vous considèrent comme des créateurs, cela leur permet de savoir que vous serez mal couvert par la Sécu et donc de prévoir des indemnités supplémentaires pour compenser. Par ailleurs, ils imposent généralement une limitation du revenu assuré à 3 333€ par mois (sauf si vous fournissez des justificatifs)
Les assureurs imposent une certaine cohérence entre votre revenu réel et votre revenu assuré. Pour un TNS le revenu correspond à votre revenu de gérance (le CA - les charges). Le plus simple est de vous assurer sur cette base. Cependant, vous pouvez vous assurer pour un montant moindre si vous souhaitez faire baisser le montant des cotisations. Si vous êtes créateur vous pouvez partir sur une estimation. Si vous n'êtes pas en création mais que vous pensez que votre revenu va fortement augmenter dans l'année à venir, vous pouvez vous assurer par rapport à cette estimation.
Il sera possible de faire évoluer ce montant. C'est d'ailleurs mon rôle de faire un point annuel avec vous pour vérifier que la prévoyance correspond toujours à votre situation et revenus.
Les prévoyances démarrent généralement l'indemnisation à partir du 4e jour en cas d'accident ou d'hospitalisation mais en cas de maladie le délai est plus long. Vous pouvez choisir 30 jours ou plus rarement 15 jours ou 7 jours.
Je recommande de choisir 30 jours. Le fait de prendre une franchise courte augmente le prix du contrat de l'ordre de 10%-15%. Globalement la franchise maladie 15 jours est peu utile car les maladies qui durent entre 15 jours et un mois sont très rares sauf pour la grossesse pathologique. Cela concerne uniquement la maladie, en cas d'accident ou d'hospitalisation vous commencerez à être indemnisé dès le 4e jour.
Si vous avez un arrêt de travail lié à un problème de dos ou à un problème psychologique (burnout) et que vous n'êtes pas hospitalisé alors vous ne serez pas indemnisé sauf si vous prenez une option pour lever cette condition d'hospitalisation.
Chez certains assureurs comme Swisslife ou April l'option dos est incluse sans option. L'option psy n'est jamais incluse et elle est coûteuse de l'ordre de 10% du prix du contrat.
Choisir ou pas l'option psy est un choix important, si vous ne le prenez pas alors ayez bien en tête que vous ne serez pas couvert si vous avez un arrêt lié à un problème qui n'a pas une origine physique.
Pendant le congé légal de maternité vous êtes couverte par la Sécurité Sociale qui vous verse des indemnités journalières ainsi qu'une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € (versée en deux fois). La prévoyance vous couvre uniquement en cas de grossesse pathologique et certains contrats excluent une majorité de pathologies. Si vous cliquez sur oui je ne vous proposerai pas certains contrats comme Swisslife qui couvre très mal la grossesse pathologique.
En tant que TNS vous bénéficierez de la loi Madelin, cela signifie que vous pourrez passer les cotisations de la prévoyance en charges et réduire fortement le coût réel de la prévoyance. La contrepartie de cet avantage fiscal est que les indemnités versées par la prévoyance seront réintégrées à votre CA et que vous devrez payer des charges dessus. Il est donc plus prudent de prendre l'option frais généraux qui prévoit le versement à votre entreprise d'indemnités journalière si vous êtes en arrêt de travail. Elle permet aussi de payer toutes les charges fixes de votre entreprise (loyer, salaire, assurance, location de machine, etc..)
L'option frais généraux de votre contrat de prévoyance vous permet de couvrir les dépenses incompressibles de votre activité en cas d'incapacité de travail. Cela inclut les charges telles que le loyer, les salaires de vos employés, les cotisations sociales (URSAFF, Caisse prévoyance et retraite). Ainsi, même en votre absence, les frais nécessaires au maintien de votre activité professionnelle sont assurés.
Les indemnités frais généraux sont versées pendant une durée de 1 ou 2 ans en fonction des contrats. Les franchises sont similaires à celles de la garantie maintien de salaire (sauf certains contrats qui ne proposent que la franchise 30 jours).
L'assurance frais généraux n'est pas éligible à la loi Madelin mais il est possible de passer les cotisations en charges.
La seconde garantie d'une prévoyance c'est la rente invalidité. Elle est particulièrement importante car la protection de la Sécu est très limitée en cas d'invalidité (1 201,50 € par mois si vous êtes tétraplégique). Si vous êtes profession libérale vous êtes un peu mieux couvert notamment si vous êtes à la CARMF, CARCDSF, CARPIMKO ou CIPAV.
La prévoyance prévoit le versement d'une rente jusqu'à la retraite si vous êtes invalide totalement ou partiellement.
Le barème utilisé pour calculer le taux d'invalidité est soit croisé soit professionnel. Avec le barème croisé l'assureur calcule le taux en prenant en compte l'impact de votre invalidité sur votre capacité à travailler et sur votre vie fonctionnelle. Cela fait une sorte de tableau à double entrée.
Le barème professionnel prend en compte uniquement l'impact de votre invalidité sur votre travail : si vous avez un métier avec une dimension physique importante alors ce barème est plus adapté (professeur de yoga, tatoueur etc..).
Que le barème soit croisé ou professionnel, les spécificités de votre métier sont prises en compte par l'assureur. C'est pour cela que le prix de la prévoyance n'est pas le même pour un informaticien ou un consultant et un artisan. L'artisan qui a un problème physique ne peut plus travailler ce qui n'est pas forcément le cas du consultant.
Si vous êtes invalide à plus de 66% alors vous recevrez 100% de la rente prévue au contrat. Si vous êtes invalide entre 33% et 66% alors vous toucherez une rente partielle dont le montant est égal à Taux d'invalidité / 66%. Par exemple si vous êtes invalide à 33% vous touchez 50% de la rente.
La rente prévue au contrat est différente entre les assureurs, c'est un point de vigilance🚨. Certains assureurs enlèvent environ 1 000€ aux revenus assurés tandis que d'autres se basent sur la totalité des revenus assurés.
En dessous de 33% d'invalidité vous ne touchez pas de rente mais il est possible d'abaisser le seuil de déclenchement en prenant l'option 20% qui permet de recevoir une rente dès 20% d'invalidité.
La 3e garantie d'une prévoyance concerne le décès. Si vous décédez prématurément alors l'assureur verse à votre famille un capital (il est possible de choisir votre bénéficiaire).
Il n'est pas possible de supprimer cette garantie car les assureurs l'imposent et le minimum est de 2x vos revenus annuels. Certains assureurs (par exemple Abeille) prévoient un bonus d'1x les revenus annuels par enfant à charge.
Vous pouvez ajouter en option une rente éducation ou une rente conjoint pour bien protéger les membres de votre famille.
Les assureurs sont très tatillons sur tout ce qui concerne la sélection médicale. À partir du moment où il y a des antécédents le processus de souscription se complexifie et peut entraîner des refus d'adhésion, des exclusions ou des majorations de tarif.
Le plus souvent les assureurs mettent des exclusions. Par exemple si vous avez eu un arrêt pour une fatigue chronique, vous pouvez être sûr que l'assureur imposera une exclusion sur les affections psychologiques. Si vous avez eu un arrêt lié à un problème de dos, les assureurs mettront une exclusion sur le dos. Les assureurs ne font aucun cadeau. Si l'antécédent est grave malheureusement le refus d'adhésion est le plus probable.