Prévoyance CIPAV : ce que verse la caisse, et ce qu'il vous manque en 2026

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Par

Clément Janicot

Fondateur de Gus Assurance, courtier en prévoyance

Mis à jour le

October 25, 2026

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Qui sommes nous ?

Ostéopathe, psychologue, architecte, ingénieur-conseil, ergothérapeute, diététicien ou psychomotricien libéral, vous relevez de la CIPAV, à qui vous reversez 0,5 % de vos revenus pour être couvert en invalidité et en décès. En retour, elle ne vous verse rien pendant un arrêt de travail, même long, et sa pension d'invalidité suppose de ne plus pouvoir exercer aux deux tiers, de façon définitive.

prevoyance-madelin.fr est édité par Gus Assurance, courtier en prévoyance des indépendants. Cette page chiffre, revenu par revenu, ce que la CIPAV vous verserait, explique comment elle reconnaît une invalidité et ce qu'une prévoyance doit prendre en charge à sa place.

En arrêt de travail : 87 jours d'indemnités, puis plus rien

Depuis juillet 2021, l'Assurance maladie indemnise les libéraux de la CIPAV du 4e au 90e jour d'arrêt. La CIPAV, elle, ne verse aucune indemnité journalière. Passé le 90e jour, aucun régime obligatoire ne vous verse plus un euro, tant qu'une pension d'invalidité ne vous a pas été accordée :

Revenu annuelJours 4 à 90 (CPAM), par moisÀ partir du 91e jour
24 000 €Environ 1 000 €Rien
36 000 €Environ 1 500 €Rien
48 000 €Environ 2 000 €Rien
60 000 €Environ 2 500 €Rien

L'indemnité de la CPAM représente 50 % de vos revenus moyens sur trois ans, entre 26,33 et 197,51 € par jour cette année, après trois jours de carence. Elle suppose au moins un an d'affiliation : la première année d'activité, vous ne touchez rien du tout. Pendant tout l'arrêt, vos charges et une partie de vos cotisations continuent, elles, d'être prélevées.

Invalidité : ce que verse la CIPAV selon votre revenu

Depuis 2023, la pension d'invalidité de la CIPAV ne dépend plus d'une classe choisie, mais de points. Attention, ce ne sont pas des points accumulés au fil de votre carrière : la caisse les calcule sur votre dernière cotisation, ou sur la moyenne de vos trois dernières si elle est plus favorable. Le calcul se fait en trois étapes :

  1. Votre cotisation : 0,5 % de votre revenu de l'année.
  2. Vos points : cette cotisation divisée par 0,013 €. Chaque euro cotisé donne environ 77 points.
  3. Votre pension annuelle : un tiers de vos points multiplié par 3,01 €, plus un forfait de 2 403 € versé à tous.

Ce qui donne, pour une invalidité totale en 2026 :

Revenu de l'année précédenteCotisationPointsPension par an, forfait de 2 403 € inclusPar mois
17 782 € ou moins89 €6 8399 265 €772 €
20 000 €100 €7 69210 121 €843 €
30 000 €150 €11 53813 980 €1 165 €
40 000 €200 €15 38517 839 €1 487 €
60 000 €300 €23 07725 557 €2 130 €
88 911 € ou plus445 €34 19736 714 €3 059 €

La pension couvre ainsi entre 40 et 50 % environ de votre revenu. Si la maladie a fait chuter votre revenu l'année précédant l'invalidité, la caisse retient la plus favorable de deux bases : votre dernière cotisation, ou la moyenne de vos trois dernières. Exemple : avec 45 000 € de revenu deux années de suite, puis 15 000 € l'année de la maladie, la dernière cotisation, au minimum, ne donnerait que 772 € par mois ; la moyenne sur trois ans donne environ 1 360 €.

Ces montants supposent trois conditions :

  • Une invalidité d'au moins 66 %, jugée par rapport à l'exercice de votre métier. En dessous, la CIPAV ne verse rien.
  • Une invalidité permanente et définitive : un état qui peut encore évoluer ne suffit pas.
  • L'arrêt de toute activité pour la pension totale. Si vous êtes invalide entre 66 et 99 %, la pension est partielle : elle est proportionnelle à votre taux, et réduite si vos revenus dépassent un plafond fixé par la caisse. À 66 %, pour 36 000 € de revenu, elle tombe à environ 900 € par mois.

Faire reconnaître son invalidité par la CIPAV

Qui statue sur votre dossier ?

L'Assurance maladie indemnise vos arrêts ; l'invalidité d'un libéral de la CIPAV relève, elle, de sa caisse. Votre médecin traitant remplit un certificat médical détaillé, envoyé sous pli confidentiel au médecin-conseil de la caisse, qui peut vous convoquer chez un médecin expert. La décision revient ensuite à une commission de la CIPAV, composée d'administrateurs, qui joue le rôle de commission d'inaptitude.

Les étapes, de l'arrêt à la pension

MomentCe que vous touchezCe que vous devez faire
Jours 1 à 3Rien (carence)Envoyer l'arrêt à la CPAM
Jours 4 à 90Indemnités de l'Assurance maladieEnvoyer les prolongations à la CPAM
À partir du 91e jourRienPréparer le dossier d'invalidité avec votre médecin dès que votre état est stabilisé
Demande déposéeRien pendant l'examen du dossierDéposer le formulaire dans votre espace personnel, certificat médical envoyé au médecin-conseil
Mois qui suit la demandePension d'invalidité, si elle est accordée, versée chaque moisDéclarer toute reprise d'activité

Aucun texte ne fixe de durée d'arrêt minimale, mais l'invalidité doit être définitive : pour une maladie longue ou un accident grave, la stabilisation prend souvent des mois, voire des années, sans aucun revenu de la caisse. Surtout, la pension démarre au mois qui suit la demande, sans effet rétroactif : chaque mois de retard dans le dépôt du dossier est perdu.

Contrôles et fin de la pension

La pension est accordée tant que l'invalidité est reconnue : la caisse peut demander de nouveaux justificatifs, et en invalidité partielle elle suit vos revenus. La pension s'arrête au plus tard à la retraite, qui peut alors être liquidée au titre de l'inaptitude. Pendant l'invalidité totale, vous continuez à acquérir des trimestres et des points de retraite.

Ce que racontent les affiliés

  • Pas de catégorie d'invalidité : la CIPAV reconnaît un taux, pas une « catégorie » comme le régime général. Des affiliés racontent que leur assureur ou leur banque leur réclame une catégorie qu'aucune caisse ne peut leur donner.
  • Les carrières mixtes mal couvertes : si vous avez été salarié puis libéral, la CPAM et la CIPAV calculent chacune leur pension sur leurs seules années. Sur les forums, des assurés renvoyés d'une caisse à l'autre restent sans réponse, et une députée a dénoncé en 2024 des pensions « très faibles » pour ces parcours.
  • Une caisse en crise : après un rapport de la Cour des comptes de 2024 sur de « graves dysfonctionnements » du service aux assurés et l'annulation de l'élection de son conseil, la CIPAV a été placée sous administration provisoire de l'État en 2025. Un nouveau conseil a été élu en janvier 2026, avec une participation de 2,3 %. Gardez une copie de chaque envoi et relancez par la messagerie sécurisée.

Contester une décision de la CIPAV

Contestez d'abord la décision devant la commission de recours amiable de la CIPAV, dans les deux mois qui suivent sa notification : c'est obligatoire avant tout procès. Vous pouvez aussi saisir le médiateur de la caisse. En dernier recours, le litige se porte devant le pôle social du tribunal judiciaire.

Décès : ce que touche votre famille

Revenu annuelCapital décèsRente au conjoint, et à chaque enfant, par mois
Moins de 17 782 €Environ 27 800 €Environ 230 €
36 000 €Environ 48 900 €Environ 410 €
60 000 €Environ 76 700 €Environ 640 €
88 911 € et plusEnviron 110 100 €Environ 920 €

Le capital est majoré d'environ 15 000 € si le décès est accidentel. La rente du conjoint marié ou pacsé suppose au moins deux ans d'affiliation et s'arrête en cas de remariage ou de nouveau PACS. Chaque enfant touche la sienne jusqu'à ses 21 ans, prolongée jusqu'à 25 ans pendant ses études. Rien n'est automatique : votre famille doit déposer une demande, et aucune cotisation ne doit rester impayée à la date du décès.

Les cas où la CIPAV ne verse rien, ou moins

  • Vous êtes en arrêt, même depuis des mois : la CIPAV ne verse rien tant que votre invalidité n'est pas reconnue définitive.
  • Votre invalidité est évaluée sous 66 % : aucune pension, même si vous ne pouvez plus exercer qu'à mi-temps.
  • Vous avez des cotisations impayées : si seule la dernière année est impayée, vous avez six mois pour régulariser ; au-delà, vos droits, comme ceux de votre famille, sont perdus.
  • Votre maladie existait avant votre affiliation : il faut alors avoir cotisé au moins dix ans pour être couvert.
  • Vous continuez à gagner de l'argent en invalidité partielle : la pension est réduite au-delà d'un plafond de revenus.
  • Vous avez aussi été salarié : la CIPAV ne tient compte que de vos années libérales, ce qui donne des pensions faibles aux carrières mixtes.
  • Vous venez de vous installer : la première année, l'Assurance maladie ne verse rien, et votre première cotisation à la CIPAV, calculée sur un revenu minimum, donne une pension proche du plancher.

La cotisation : 0,5 % du revenu, sans choix de classe

Les classes A, B et C, qu'on voit encore sur de nombreux sites, ont disparu en 2023. Votre cotisation invalidité-décès vaut désormais 0,5 % de votre revenu, entre 89 et 445 € par an en 2026, et c'est l'Urssaf qui l'encaisse. Vous ne pouvez plus choisir de cotiser davantage pour être mieux couvert : pour augmenter votre protection, il faut passer par une prévoyance individuelle.

Après au moins six mois d'arrêt, vous pouvez demander à être exonéré de vos cotisations de retraite, au plus tard le 31 mars de l'année d'après, et des points vous sont alors attribués gratuitement. La cotisation invalidité-décès, elle, reste due, comme celles de l'Urssaf calculées sur vos revenus passés.

Ce que votre contrat doit prendre en charge

Pour un affilié de la CIPAV, la prévoyance ne complète pas un relais de la caisse : elle le remplace. Elle doit prévoir :

  • la totalité de votre revenu dès le quatrième mois d'arrêt, pendant trois ans au plus, et un complément de la CPAM durant les trois premiers ;
  • vos frais fixes : loyer du cabinet ou de l'agence, logiciels, assurance professionnelle, et les cotisations qui continuent pendant l'arrêt ;
  • une rente versée dès un faible taux d'invalidité, mesuré sur votre profession, pour le cas où vous ne pouvez plus exercer comme avant sans être invalide aux deux tiers ;
  • un capital décès à la mesure de vos emprunts et de votre famille : celui de la CIPAV reste modeste.

Vérifiez aussi la prise en charge du mal de dos et de l'épuisement sans hospitalisation, fréquents dans les métiers du soin comme chez les architectes. Pour connaître le prix et les contrats que nous conseillons, reportez-vous au guide de votre profession, listé en fin de page.

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