
Par
Clément Janicot
Fondateur de Gus Assurance, courtier en prévoyance
Mis à jour le
October 26, 2026
Meilleurs contrats du marché (Abeille, April, Swisslife, Hodeva, Unim et autres)
Sage-femme libérale, vous dépendez de la CARCDSF, comme les chirurgiens-dentistes, mais avec des prestations bien plus faibles : 49,70 € par jour à partir du quatrième mois d'arrêt, une rente d'invalidité d'environ 1 100 € par mois, et rien pour votre famille en dehors d'un capital de 15 128 € si vous décédez. Votre propre grossesse, elle, est indemnisée au forfait par l'Assurance maladie.
prevoyance-madelin.fr est édité par Gus Assurance, courtier en prévoyance des indépendants. Ce guide chiffre ce que vous toucheriez sans contrat, les risques propres à votre métier, ce qu'il faut assurer, nos prix comparés et le classement des contrats.
Prenons une sage-femme qui gagne 36 000 € par an, soit 3 000 € par mois. Voici ce que lui verseraient les régimes obligatoires en 2026 :
| Situation | Organisme | Ce qui est versé |
|---|---|---|
| 3 premiers jours d'arrêt | Aucun (carence) | Rien |
| 4e au 90e jour | CPAM | Environ 49 € par jour, soit 1 500 € par mois |
| À partir du 91e jour, jusqu'à 3 ans | CARCDSF | 49,70 € par jour, soit environ 1 510 € par mois, quel que soit votre revenu |
| Invalidité | CARCDSF | 13 729 € par an, seulement si vous ne pouvez plus du tout exercer |
| Décès | CARCDSF | Capital de 15 128 €, aucune rente pour le conjoint ni les enfants |
| Congé maternité | CPAM | Allocation de 4 005 €, plus au maximum 65,84 € par jour d'arrêt |
À ce niveau de revenu, vous touchez environ la moitié de vos gains pendant trois ans. Mais le forfait de la CARCDSF ne bouge pas avec votre activité : à 50 000 € par an, il ne remplace plus qu'un gros tiers de votre revenu. Et les charges du cabinet, elles, continuent : loyer, secrétariat, cotisations.
Trois règles de la caisse à connaître. Il faut déclarer votre arrêt à la CARCDSF par lettre recommandée, au plus tard avant votre 180e jour d'arrêt : elle n'est pas prévenue par la CPAM. Les indemnités s'arrêtent dès que vous reprenez, même à temps partiel. Et la rente d'invalidité suppose une incapacité totale et définitive, reconnue avant 62 ans, avec l'arrêt de votre activité libérale.
Le métier est presque entièrement féminin, et beaucoup de sages-femmes s'installent à l'âge où elles fondent leur famille. Pendant le congé maternité légal, l'Assurance maladie verse un forfait, et la prévoyance ne prend pas le relais : la plupart des contrats excluent le congé lui-même. En revanche, un arrêt pour une grossesse difficile, avant le congé, est un arrêt maladie : c'est là que votre contrat joue, s'il couvre bien la grossesse pathologique et si vous l'avez souscrit avant d'être enceinte.
Suivi à domicile après la sortie de la maternité, préparation à la naissance, consultations dans plusieurs lieux : une sage-femme libérale fait beaucoup de route. Comme tous les indépendants, vous n'avez pas de couverture accident du travail : un accident de voiture entre deux visites donne un arrêt maladie ordinaire, indemnisé par la CPAM puis la CARCDSF, et complété seulement par votre contrat.
Échographies, rééducation du périnée, examens penchée sur la table, portage des bébés lors des visites : le dos, la nuque et les épaules sont très sollicités. Or le mal de dos sans lésion visible est mal couvert par certains contrats, qui exigent une hospitalisation ou une option payante.
Urgences, deuils périnataux, gardes en plateau technique, accompagnement de femmes en détresse : l'épuisement fait partie des causes d'arrêt long. Beaucoup de contrats n'indemnisent les troubles psychiques qu'après une hospitalisation.
Vous cotisez à la CARCDSF dès le début de votre activité libérale. En revanche, la CPAM ne vous indemnise qu'après 12 mois d'affiliation, et elle calcule ses indemnités sur la moyenne de vos revenus des trois dernières années, années sans activité libérale comprises : les premières années, elles sont faibles. C'est le moment où une prévoyance protège le plus, et celui où vous serez acceptée le plus facilement, avant tout antécédent de santé et avant une grossesse.
Votre activité salariée est couverte par votre employeur et le régime des salariés. Votre contrat de prévoyance ne doit couvrir que votre revenu libéral et les frais de votre cabinet : c'est sur votre seul revenu libéral que l'assureur fixe le plafond de vos indemnités.
Exemple retenu : une sage-femme qui ne fume pas, installée depuis plus de trois ans, garantit 3 000 € de revenu et 1 000 € de frais du cabinet par mois, avec 30 jours de carence en maladie (3 jours en accident ou hospitalisation) et une rente d'invalidité dès 16 %. Prix par mois, selon l'âge à la souscription :
| Âge | Unim | Hodeva | Abeille Senséo, Paris | Abeille Senséo, Marseille |
|---|---|---|---|---|
| 30 ans | 37 € | 55 € | 76 € | 98 € |
| 40 ans | 58 € | 88 € | 102 € | 131 € |
| 50 ans | 87 € | 133 € | 151 € | 191 € |
À retenir :
🤰 Sages-femmes libérales accompagnées depuis 2024
💵 Conseil gratuit : 0 € de frais de courtage, même tarif qu'en direct
🤝 Unim, Hodeva et Abeille comparés sur les mêmes garanties
🔍 Grossesse pathologique, frais du cabinet et barème d'invalidité vérifiés dans nos devis
Nos critères pour une sage-femme libérale à la CARCDSF : la grossesse pathologique d'abord, puis le mode d'indemnisation, le barème et le seuil d'invalidité, le dos et le psychique, et le prix quand nous avons pu le calculer.
Parmi les sages-femmes que nous assurons, trois ont choisi Unim, deux Abeille Senséo et deux Hodeva.
L'Unim est une association de professionnels de santé dont le contrat, assuré par Allianz, est réservé aux professions médicales et paramédicales. Voir notre test de la prévoyance Unim.
Les forces :
Les faiblesses :
Hodeva est un courtier grossiste qui a conçu, avec l'assureur Acte Vie, un contrat pour les indépendants. Voir notre test de la prévoyance Hodeva.
Les forces :
Les faiblesses :
Abeille est un assureur historique de la prévoyance des indépendants. Sa gamme pour les professions de santé accepte la sage-femme en formule forfaitaire, comme les médecins. Voir notre test d'Abeille Senséo.
Les forces :
Les faiblesses :
April est un courtier grossiste basé à Lyon, l'un des acteurs les plus installés de la prévoyance des indépendants. Voir notre avis sur la prévoyance April.
SwissLife est un des assureurs historiques de la prévoyance des professions libérales. Voir notre test de la prévoyance SwissLife.
Si vous avez un projet de grossesse, le contrat de SwissLife est à éviter.
Pour comparer avec les autres soignants, voir notre guide prévoyance des professionnels de santé, et pour le détail de votre caisse, notre guide prévoyance CARCDSF.
Vous hésitez encore ? Voici quelques compléments d’informations sur les questions que l’on nous pose le plus souvent !
Non. Pendant le congé légal, c'est l'Assurance maladie qui vous verse une allocation de 4 005 € et au maximum 65,84 € par jour d'arrêt en 2026. Votre prévoyance intervient pour un arrêt lié à une grossesse pathologique avant le congé, selon les conditions de votre contrat.
Vous pouvez souscrire, mais la grossesse en cours et ses complications ne seront pas couvertes. Si vous avez un projet d'enfant, souscrivez avant, et choisissez un contrat sans délai d'attente ni liste fermée de complications.
Pour être indemnisée par votre prévoyance, faites établir votre arrêt et l'attestation médicale par un médecin, gynécologue ou médecin traitant. Les assureurs n'acceptent pas qu'une sage-femme certifie son propre arrêt.
Non. Pour les sages-femmes, la CARCDSF verse seulement un capital de 15 128 € en 2026, sans rente pour le conjoint ni pour les enfants. C'est le capital décès de votre contrat qui doit protéger votre famille.
Votre salaire est couvert par votre employeur et le régime des salariés. Votre activité libérale, elle, n'est couverte que par la CPAM puis la CARCDSF. Assurez le revenu de votre activité libérale et les frais de votre cabinet.
Trouver une prévoyance Madelin adaptée peut s'avérer complexe. Entre le jargon technique, la multitude de critères à prendre en compte et les options disponibles, il est facile de se sentir dépassé. Notre rôle est de vous accompagner pour clarifier ces éléments et vous permettre de vous focaliser sur ce qui compte réellement.
La garantie maintien de salaire prévoit le versement d'indemnités journalières en cas d'arrêt de travail. Ces indemnités sont versées à partir du 4e jour en cas d'accident ou d'hospitalisation mais les franchises sont plus longues en cas de maladie (30, 15 ou 7jours). Elles sont versées pendant une durée de 3 ans (vs 1 an pour la Sécu) et viennent en complément de celles versées par la Sécurité Sociale. Les indemnités versées par la prévoyance sont calculées par rapport à un revenu assuré qui doit être cohérent avec votre revenu réel. La prévoyance vous garantit de maintenir ce revenu assuré en cas d'arrêt de travail (en combinant ce qu'elle verse et ce que la Sécu verse).
Les indemnités versées par la prévoyance sont calculées par rapport à un revenu assuré qui doit être cohérent avec votre revenu réel. La prévoyance vous garantit de maintenir ce revenu assuré en cas d'arrêt de travail (en combinant ce qu'elle verse et ce que la Sécu verse).
Exemple : Vous vous assurez pour 2 000 € par mois et vous touchez 986€ de la Sécu alors la prévoyance versera 1 014€. Mais si vous dépassez un an d'arrêt alors l'indemnisation de la Sécu cesse et vous touchez 2 000€ de la prévoyance.
Le fait d'avoir lancé votre activité il y a moins de 3 ans va avoir plusieurs implications :
- La Sécurité Sociale couvre les TNS à partir du moment où ils ont cotisé pendant un an mais même après un an les indemnisations versées sont faibles puisque la Sécu vous verse 50% de vos revenus dans la limite de 2 003 € par mois (calculés sur la moyenne des 3 dernières années et les années à 0€ sont prises en compte). Une prévoyance est encore plus importante pour les personnes qui viennent de se lancer.
- Les assureurs vous considèrent comme des créateurs, cela leur permet de savoir que vous serez mal couvert par la Sécu et donc de prévoir des indemnités supplémentaires pour compenser. Par ailleurs, ils imposent généralement une limitation du revenu assuré à 3 333€ par mois (sauf si vous fournissez des justificatifs)
Les assureurs imposent une certaine cohérence entre votre revenu réel et votre revenu assuré. Pour un TNS le revenu correspond à votre revenu de gérance (le CA - les charges). Le plus simple est de vous assurer sur cette base. Cependant, vous pouvez vous assurer pour un montant moindre si vous souhaitez faire baisser le montant des cotisations. Si vous êtes créateur vous pouvez partir sur une estimation. Si vous n'êtes pas en création mais que vous pensez que votre revenu va fortement augmenter dans l'année à venir, vous pouvez vous assurer par rapport à cette estimation.
Il sera possible de faire évoluer ce montant. C'est d'ailleurs mon rôle de faire un point annuel avec vous pour vérifier que la prévoyance correspond toujours à votre situation et revenus.
Les prévoyances démarrent généralement l'indemnisation à partir du 4e jour en cas d'accident ou d'hospitalisation mais en cas de maladie le délai est plus long. Vous pouvez choisir 30 jours ou plus rarement 15 jours ou 7 jours.
Je recommande de choisir 30 jours. Le fait de prendre une franchise courte augmente le prix du contrat de l'ordre de 10%-15%. Globalement la franchise maladie 15 jours est peu utile car les maladies qui durent entre 15 jours et un mois sont très rares sauf pour la grossesse pathologique. Cela concerne uniquement la maladie, en cas d'accident ou d'hospitalisation vous commencerez à être indemnisé dès le 4e jour.
Si vous avez un arrêt de travail lié à un problème de dos ou à un problème psychologique (burnout) et que vous n'êtes pas hospitalisé alors vous ne serez pas indemnisé sauf si vous prenez une option pour lever cette condition d'hospitalisation.
Chez certains assureurs comme Swisslife ou April l'option dos est incluse sans option. L'option psy n'est jamais incluse et elle est coûteuse de l'ordre de 10% du prix du contrat.
Choisir ou pas l'option psy est un choix important, si vous ne le prenez pas alors ayez bien en tête que vous ne serez pas couvert si vous avez un arrêt lié à un problème qui n'a pas une origine physique.
Pendant le congé légal de maternité vous êtes couverte par la Sécurité Sociale qui vous verse des indemnités journalières ainsi qu'une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € (versée en deux fois). La prévoyance vous couvre uniquement en cas de grossesse pathologique et certains contrats excluent une majorité de pathologies. Si vous cliquez sur oui je ne vous proposerai pas certains contrats comme Swisslife qui couvre très mal la grossesse pathologique.
En tant que TNS vous bénéficierez de la loi Madelin, cela signifie que vous pourrez passer les cotisations de la prévoyance en charges et réduire fortement le coût réel de la prévoyance. La contrepartie de cet avantage fiscal est que les indemnités versées par la prévoyance seront réintégrées à votre CA et que vous devrez payer des charges dessus. Il est donc plus prudent de prendre l'option frais généraux qui prévoit le versement à votre entreprise d'indemnités journalière si vous êtes en arrêt de travail. Elle permet aussi de payer toutes les charges fixes de votre entreprise (loyer, salaire, assurance, location de machine, etc..)
L'option frais généraux de votre contrat de prévoyance vous permet de couvrir les dépenses incompressibles de votre activité en cas d'incapacité de travail. Cela inclut les charges telles que le loyer, les salaires de vos employés, les cotisations sociales (URSAFF, Caisse prévoyance et retraite). Ainsi, même en votre absence, les frais nécessaires au maintien de votre activité professionnelle sont assurés.
Les indemnités frais généraux sont versées pendant une durée de 1 ou 2 ans en fonction des contrats. Les franchises sont similaires à celles de la garantie maintien de salaire (sauf certains contrats qui ne proposent que la franchise 30 jours).
L'assurance frais généraux n'est pas éligible à la loi Madelin mais il est possible de passer les cotisations en charges.
La seconde garantie d'une prévoyance c'est la rente invalidité. Elle est particulièrement importante car la protection de la Sécu est très limitée en cas d'invalidité (1 201,50 € par mois si vous êtes tétraplégique). Si vous êtes profession libérale vous êtes un peu mieux couvert notamment si vous êtes à la CARMF, CARCDSF, CARPIMKO ou CIPAV.
La prévoyance prévoit le versement d'une rente jusqu'à la retraite si vous êtes invalide totalement ou partiellement.
Le barème utilisé pour calculer le taux d'invalidité est soit croisé soit professionnel. Avec le barème croisé l'assureur calcule le taux en prenant en compte l'impact de votre invalidité sur votre capacité à travailler et sur votre vie fonctionnelle. Cela fait une sorte de tableau à double entrée.
Le barème professionnel prend en compte uniquement l'impact de votre invalidité sur votre travail : si vous avez un métier avec une dimension physique importante alors ce barème est plus adapté (professeur de yoga, tatoueur etc..).
Que le barème soit croisé ou professionnel, les spécificités de votre métier sont prises en compte par l'assureur. C'est pour cela que le prix de la prévoyance n'est pas le même pour un informaticien ou un consultant et un artisan. L'artisan qui a un problème physique ne peut plus travailler ce qui n'est pas forcément le cas du consultant.
Si vous êtes invalide à plus de 66% alors vous recevrez 100% de la rente prévue au contrat. Si vous êtes invalide entre 33% et 66% alors vous toucherez une rente partielle dont le montant est égal à Taux d'invalidité / 66%. Par exemple si vous êtes invalide à 33% vous touchez 50% de la rente.
La rente prévue au contrat est différente entre les assureurs, c'est un point de vigilance🚨. Certains assureurs enlèvent environ 1 000€ aux revenus assurés tandis que d'autres se basent sur la totalité des revenus assurés.
En dessous de 33% d'invalidité vous ne touchez pas de rente mais il est possible d'abaisser le seuil de déclenchement en prenant l'option 20% qui permet de recevoir une rente dès 20% d'invalidité.
La 3e garantie d'une prévoyance concerne le décès. Si vous décédez prématurément alors l'assureur verse à votre famille un capital (il est possible de choisir votre bénéficiaire).
Il n'est pas possible de supprimer cette garantie car les assureurs l'imposent et le minimum est de 2x vos revenus annuels. Certains assureurs (par exemple Abeille) prévoient un bonus d'1x les revenus annuels par enfant à charge.
Vous pouvez ajouter en option une rente éducation ou une rente conjoint pour bien protéger les membres de votre famille.
Les assureurs sont très tatillons sur tout ce qui concerne la sélection médicale. À partir du moment où il y a des antécédents le processus de souscription se complexifie et peut entraîner des refus d'adhésion, des exclusions ou des majorations de tarif.
Le plus souvent les assureurs mettent des exclusions. Par exemple si vous avez eu un arrêt pour une fatigue chronique, vous pouvez être sûr que l'assureur imposera une exclusion sur les affections psychologiques. Si vous avez eu un arrêt lié à un problème de dos, les assureurs mettront une exclusion sur le dos. Les assureurs ne font aucun cadeau. Si l'antécédent est grave malheureusement le refus d'adhésion est le plus probable.