Quelle prévoyance pour un anesthésiste en 2026 ?

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Par

Clément Janicot

Fondateur de Gus Assurance, courtier en prévoyance

Mis à jour le

November 3, 2026

Meilleurs contrats du marché (Abeille, April, Swisslife, Hodeva, Unim et autres)

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Qui sommes nous ?

Troisième revenu des spécialités libérales, une activité presque entièrement en clinique, des gardes de nuit et souvent une société d'exercice partagée avec d'autres anesthésistes : la prévoyance d'un anesthésiste-réanimateur libéral ne se règle pas comme celle d'un médecin de cabinet. À ce niveau de revenu, la Sécurité sociale et la CARMF ne remplacent qu'un tiers de ce que vous gagnez, et les plafonds des contrats deviennent aussi importants que leur prix.

prevoyance-madelin.fr appartient à Gus Assurance, courtier spécialisé dans la prévoyance des indépendants. Cette page détaille les montants versés par la CPAM et la CARMF à un anesthésiste, les garanties et les plafonds à contrôler, les tarifs de trois contrats et notre classement. Les règles communes à tous les médecins figurent dans notre guide prévoyance du médecin libéral.

Un anesthésiste arrêté : combien versent la CPAM et la CARMF ?

Selon la CARMF, un anesthésiste-réanimateur libéral a déclaré en moyenne 215 912 € de revenus en 2024, soit environ 18 000 € par mois. Les indemnités des deux régimes atteignent leur plafond dès 144 180 € de revenu : au-delà, elles ne bougent plus.

Moment de l'arrêtOrganismeCe qui est verséRapporté à 18 000 € par mois
3 premiers joursAucun (carence)Rien0 %
4e au 90e jourCPAM197,51 € par jour au maximum, environ 5 900 € par mois33 %
91e jour à la fin de la 3e annéeCARMF197,51 € par jour au maximum, environ 5 900 € par mois33 %
InvaliditéCARMF31 549 € par an au maximum, et seulement en cas d'inaptitude totale15 %

Deux conséquences propres aux revenus d'anesthésiste :

  • chaque euro gagné au-delà de 12 000 € par mois n'est couvert par aucun régime obligatoire : c'est votre contrat qui le porte entièrement, pendant l'arrêt comme en invalidité ;
  • l'invalidité est le vrai risque : la pension de la CARMF ne remplace qu'environ un septième de votre revenu, et rien du tout si vous pouvez encore exercer une partie de votre activité, par exemple les consultations d'anesthésie sans le bloc.

Les risques propres au métier d'anesthésiste

Les nuits, les gardes et l'épuisement

Un anesthésiste-réanimateur travaille en moyenne 56 heures par semaine, avec environ quatre gardes de nuit par mois. Dans la dernière grande enquête nationale auprès de la profession, près d'un anesthésiste sur quatre présentait un épuisement professionnel marqué : 20 % en libéral, 26 % à l'hôpital. Le Collège français des anesthésistes-réanimateurs a d'ailleurs créé une commission consacrée à la santé de ses membres au travail.

Pour votre contrat, cela veut dire deux choses :

  • le psychique doit être indemnisé sans hospitalisation : un épuisement ou une dépression se soigne le plus souvent à domicile. Chez Abeille, c'est le cas pour les médecins. Chez SwissLife, il faut une nuit d'hospitalisation, sauf à prendre l'option qui paie la moitié des indemnités sans nuitée. Chez Unim, l'option Renfort Psy est à prendre dès l'adhésion ;
  • le délai d'attente propre au psychique, souvent d'un an, impose de souscrire avant d'en avoir besoin : il court à partir de la signature.

Les sports : des règles très différentes d'un contrat à l'autre

Plusieurs anesthésistes que nous avons accompagnés pratiquent un sport à risque. Les écarts entre contrats sont réels :

  • équitation en compétition : chez Abeille, le saut d'obstacles pratiqué en concours ou en compétition n'ouvre droit ni aux indemnités d'arrêt ni à la rente d'invalidité ;
  • ski hors-piste : SwissLife le couvre, même avec un guide, mais limite l'ensemble des prestations à 1 million d'euros par accident pour les sports de sa liste. Avec une rente de 156 000 € par an, ce plafond est atteint en un peu plus de six ans d'invalidité, alors qu'une rente doit courir jusqu'à la retraite. Unim et Abeille couvrent le hors-piste de loisir sans ce plafond.

Déclarez vos sports avant le devis : c'est souvent eux qui départagent les contrats, plus que le prix.

Quel revenu, quels frais et quels plafonds assurer

  • Le revenu : déclarez votre revenu actuel, gardes comprises. Les assureurs n'expriment pas tous les indemnités de la même façon : certains annoncent ce qu'ils versent en plus de la CPAM et de la CARMF, d'autres le revenu total garanti, régime obligatoire compris. Avant de comparer deux propositions, ramenez-les à la même base, sinon vous comparez des montants qui n'ont rien à voir.
  • Les frais professionnels : votre quote-part des charges du groupe ou de la société d'exercice, la redevance versée à la clinique quand elle est fixe, le secrétariat, les cotisations sociales. Chez les anesthésistes, ils sont souvent élevés : un de nos dossiers portait sur plus de 12 000 € par mois. Relisez aussi vos statuts sur l'arrêt d'un associé : quand le groupe paie votre remplaçant, il faut savoir qui supporte cette charge.
  • La rente d'invalidité et ses plafonds : c'est la garantie où les contrats diffèrent le plus pour un gros revenu. Pour un anesthésiste qui demandait 168 000 € de rente par an, le maximum possible était de 93 000 € chez Unim et de 110 000 € chez Abeille ; SwissLife est allé jusqu'à 156 000 € pour un autre anesthésiste qui assurait 13 000 € par mois. Demandez le plafond avant de comparer les prix.
  • Une franchise longue, si votre trésorerie le permet : SwissLife accepte 90 jours, Unim jusqu'à 180 jours. Un anesthésiste de 43 ans qui assurait 13 000 € par mois a ainsi payé 136 € par mois chez SwissLife avec 90 jours de franchise. Attention : une franchise longue suppose de pouvoir financer seul les premiers mois, frais du groupe compris.
  • Une invalidité jugée sur l'anesthésie, avec un barème professionnel et un premier versement à 16 % d'invalidité (10 % chez Unim) : vous êtes indemnisé si vous ne pouvez plus exercer au bloc, même si une autre activité reste possible.
  • Un capital décès à la hauteur : plusieurs centaines de milliers d'euros dans nos dossiers, et davantage en cas d'emprunt ou de rachat de parts.

Au-delà de certains montants, l'assureur demande des examens médicaux, parfois un bilan cardiologique : prévoyez quelques semaines, et ne résiliez votre ancien contrat qu'une fois le nouveau accepté. Toute hausse ultérieure de garantie repasse par une sélection médicale : ne vous assurez pas trop juste.

Clinique, société d'exercice, hôpital : ce qui change

Associé d'une société d'anesthésistes

La plupart des anesthésistes libéraux exercent en groupe, dans une SELARL ou une SCP. Le contrat de prévoyance reste personnel : c'est vous l'assuré, même si la cotisation transite par la société. Assurez votre propre revenu et votre part des charges communes, et faites relire la clause de vos statuts qui prévoit ce qui se passe quand un associé est arrêté ou devient invalide : remplaçant à la charge du groupe, baisse de votre rémunération, rachat de vos parts.

Praticien hospitalier avec une activité libérale

Environ deux anesthésistes sur trois exercent à l'hôpital. Si vous êtes praticien hospitalier, votre statut et votre employeur couvrent vos émoluments ; l'activité libérale exercée en plus est rattachée à la CARMF et s'assure avec un contrat Madelin. Les gardes et astreintes, qui pèsent lourd dans le revenu d'un anesthésiste hospitalier, se protègent avec une garantie dédiée. Voir notre guide prévoyance du praticien hospitalier.

Interne, puis installation

Un interne peut déjà s'assurer, gardes comprises, pour quelques dizaines d'euros par mois. Le contrat pris à l'internat ou en début de carrière doit en revanche être revu à l'installation en clinique : calé sur un revenu d'interne ou d'assistant, il ne couvre plus qu'une petite partie de vos revenus. Un des anesthésistes que nous avons accompagnés avait gardé un contrat souscrit bien avant son installation, qui ne correspondait plus à ses revenus ; il l'a remplacé à l'échéance suivante.

Combien coûte une prévoyance pour un anesthésiste ?

Notre profil de référence est commun à toutes nos pages de spécialités médicales, pour que vous puissiez les comparer : non-fumeur, 10 000 € de revenu et 5 000 € de frais professionnels garantis chaque mois, capital décès de 400 000 €, franchise maladie de 30 jours. Cotisations mensuelles selon l'âge à l'adhésion :

ÂgeAbeille Senséo, ParisAbeille Senséo, LyonUnimSwissLife
35 ans174 €242 €219 €122 €
45 ans253 €341 €219 €166 €
55 ans431 €555 €496 €258 €

Ce qu'il faut en retenir :

  • Être anesthésiste ne coûte pas plus cher : les trois assureurs tarifent l'anesthésie comme le cardiologue ou le radiologue, et SwissLife comme le généraliste. Le tarif dépend du montant protégé, de votre âge et des options.
  • SwissLife est le moins cher à chaque âge, mais il faut ajouter 16 à 28 € par mois pour que le psychique soit indemnisé, à moitié, sans hospitalisation.
  • Le département change le prix chez Abeille (Lyon coûte plus cher que Paris dans notre exemple), pas chez Unim ni chez SwissLife pour un anesthésiste.
  • Ces 10 000 € sont loin de votre revenu réel : à 18 000 € par mois, comptez à peu près le double, et regardez d'abord les plafonds de rente, qui diffèrent plus que les prix.

Quelques repères tirés de devis réellement remis à des anesthésistes :

ProfilGaranties principalesCotisation mensuelle
Interne en réanimation2 500 € par mois, gardes comprises40 €
Libéral de 43 ans, franchise de 90 à 180 jours13 000 € par mois, rente de 88 000 à 156 000 € par an136 à 200 €
Libéral de 46 ans, franchise de 15 jours, gros frais de groupePrès de 10 000 € par mois en plus de la CPAM et de la CARMF, 12 000 € de frais, rente au maximum de l'assureur456 à 479 €

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🤝 Abeille, SwissLife et Unim comparés sur les mêmes garanties

🔍 Plafonds de rente, sports et franchises vérifiés dans nos devis

Les meilleures prévoyances pour un anesthésiste

Nous classons ici les trois contrats que nous distribuons et quatre contrats que nous ne proposons pas, mais que beaucoup d'anesthésistes ont signés à l'hôpital ou en début de carrière. Critères retenus : plafond de rente pour un revenu élevé, troubles psychiques sans hospitalisation, sports, franchises disponibles, puis tarif.

N°1 ex aequo — Abeille Senséo : psychique sans condition, rente solide

Abeille indemnise le psychique et le dos d'un médecin sans hospitalisation, verse les indemnités en forfaitaire et propose des frais professionnels élevés. Voir notre test d'Abeille Senséo.

  • Rente d'invalidité plus élevée qu'Unim dans nos devis à haut revenu.
  • Ski hors-piste de loisir couvert aux conditions normales.
  • Points de vigilance : saut d'obstacles en compétition exclu, franchise de 30 jours au plus long sur les indemnités courtes, formalités médicales poussées pour les gros montants.

N°1 ex aequo — SwissLife : prix le plus bas, plafonds les plus hauts

Pour un anesthésiste, SwissLife affiche le tarif le plus bas de notre comparatif, et celui qui a accepté la rente la plus élevée dans nos dossiers. Voir notre test de SwissLife.

  • Franchise de 90 jours possible, pour réduire la cotisation quand la trésorerie le permet.
  • Vos revenus ne sont pas vérifiés lors d'un arrêt tant que la garantie ne dépasse pas 6 000 € mensuels.
  • Points de vigilance : psychique indemnisé seulement après une nuit d'hospitalisation, sauf option, et plafond d'1 million d'euros par accident pour les sports de sa liste, dont le hors-piste.

N°3 — Unim : pas de délai d'attente, franchises jusqu'à six mois

Contrat d'une association de soignants libéraux, Unim couvre dès la signature, sans délai d'attente, accepte des franchises jusqu'à 180 jours et couvre le hors-piste sans plafond. Sa rente maximale est en revanche plus basse pour un gros revenu, et le dos comme le psychique demandent deux options, Renfort Dos et Renfort Psy, impossibles à ajouter après l'adhésion. Voir notre test d'Unim.

N°4 — GPM (AGMF) : bon pour la famille, cher

Groupe Pasteur Mutualité propose des carences courtes et des garanties familiales larges. En contrepartie, sa cotisation est au-dessus du marché, une lombalgie sans lésion visible n'est pas indemnisée, et l'invalidité s'apprécie par rapport à un exercice « normal » de votre spécialité. Voir notre test de GPM.

N°5 — Agipi (Axa) : simple, mais court sur le psychique

Chez Agipi, un trouble psychique n'est indemnisé qu'un an au total sur toute la vie du contrat, sauf hospitalisation longue, et le tarif augmente fortement avec l'âge : deux défauts gênants pour un anesthésiste exposé à l'épuisement. Voir notre test d'Agipi.

N°6 — La Médicale : le contrat de l'internat

Souvent signé pendant l'internat ou le clinicat, ce contrat ne verse aucune rente en dessous de 26 % d'invalidité, s'arrête à 65 ans et voit sa cotisation monter tous les ans : à revoir au moment de l'installation en clinique. Voir notre test de La Médicale.

N°7 — MACSF : séduisante au départ, à revoir ensuite

La MACSF propose aux jeunes médecins des remises de lancement temporaires. L'invalidité y est évaluée sur votre capacité restante à exercer n'importe quel métier, et la couverture des arrêts psychiques reste faible. Un contrat pris avant l'installation est souvent resté calé sur un revenu d'hospitalier. Voir notre test de la MACSF.

Pour changer de contrat sans trou de garantie : faites d'abord accepter le nouveau, puis résiliez l'ancien à son échéance, fixée au 31 décembre chez la plupart des assureurs.

Nos autres guides pour les médecins : prévoyance du médecin libéral, prévoyance des professionnels de santé, praticien hospitalier, médecin généraliste, cardiologue, radiologue, chirurgien, pédiatre, psychiatre, ophtalmologue, gynécologue, médecin urgentiste et dermatologue.

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