Quelle prévoyance pour un médecin urgentiste en 2026 ?

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Par

Clément Janicot

Fondateur de Gus Assurance, courtier en prévoyance

Mis à jour le

November 3, 2026

Meilleurs contrats du marché (Abeille, April, Swisslife, Hodeva, Unim et autres)

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Qui sommes nous ?

Un médecin urgentiste a rarement un seul statut. Il peut être salarié de l'hôpital, remplacer aux urgences d'une clinique en libéral, faire des visites de nuit pour SOS Médecins, ou cumuler plusieurs de ces activités. Chacune est couverte par un régime différent, et aucun ne protège les gardes, la partie libérale ou l'invalidité partielle. Sa prévoyance doit donc d'abord combler les trous laissés entre les statuts, avant de s'occuper du niveau de couverture.

prevoyance-madelin.fr est édité par Gus Assurance, courtier en prévoyance des indépendants. Ce guide détaille qui vous paie pendant un arrêt selon votre statut, les risques propres à la médecine d'urgence, ce qu'il faut assurer quand on cumule hôpital et libéral, le prix des contrats et notre classement. Les règles communes à tous les médecins sont dans notre guide prévoyance du médecin libéral.

Urgentiste en arrêt de travail : qui vous paie, selon votre statut

Pendant un arrêt, l'hôpital et les régimes des libéraux ne se relaient pas : chacun ne couvre que l'activité qui dépend de lui. Voici ce que touche un urgentiste pendant un arrêt maladie, selon le cadre de son activité :

Moment de l'arrêtActivité libérale (SOS Médecins, urgences de clinique, remplacements)Activité hospitalière (titulaire ou contractuel)
3 premiers joursRien90 % des émoluments, après 1 jour de carence
4e au 90e jourCPAM : la moitié du revenu moyen des 3 dernières années, au plus 197,51 € par jour. Rien avant un an d'affiliation90 % des émoluments
4e au 12e moisCARMF à partir du 91e jour : la moitié du revenu de l'avant-dernière année, entre 65,84 et 197,51 € par jourDemi-traitement
Au-delà d'un anCARMF, jusqu'à la fin de la 3e annéeRien en maladie ordinaire, hors longue maladie
Gardes et astreintesSans objetJamais maintenues, dès le premier jour
InvaliditéCARMF : 23 662 à 31 549 € par an, seulement si vous ne pouvez plus exercer du toutRégime des fonctionnaires ou de la Sécurité sociale, selon votre statut

Deux exemples :

  • Un urgentiste libéral qui gagne 96 000 € par an touche, s'il est installé depuis plus de trois ans, environ 131 € par jour de la CPAM puis de la CARMF, soit 4 000 € par mois : la moitié de son revenu. Ses cotisations sociales et ses éventuels frais continuent d'être appelés.
  • Un praticien hospitalier qui assure 4 gardes par mois perd environ 1 700 € brut par mois dès le premier jour d'arrêt, puisque les gardes ne sont pas maintenues. À partir du quatrième mois, il passe à demi-traitement. Le détail pour chaque statut se trouve dans notre guide prévoyance du médecin hospitalier.

Si vous cumulez les deux, vous touchez les deux, mais chacun calculé sur sa seule part de revenu. La CPAM et la CARMF ignorent votre salaire hospitalier, et l'hôpital ignore vos remplacements.

Les risques propres à la médecine d'urgence

Nuits, gardes enchaînées et épuisement

La médecine d'urgence est l'une des spécialités les plus touchées par l'épuisement professionnel. Une méta-analyse portant sur environ 15 000 médecins français a relevé au moins un symptôme de burn-out chez 57 % des urgentistes. Or un arrêt pour épuisement ou dépression est souvent long, et c'est précisément là que les contrats diffèrent le plus :

  • certains n'indemnisent un trouble psychique qu'après une hospitalisation ;
  • d'autres le limitent à un an sur toute la durée du contrat ;
  • les meilleurs le couvrent comme une maladie ordinaire, avec parfois un délai d'attente d'un an après la signature.

Ne souscrivez pas un contrat sans avoir lu cette clause. C'est la première question que nous posent les urgentistes, et elle est presque toujours décisive.

SMUR, héliSMUR, secours en montagne, missions humanitaires

Les interventions hors de l'hôpital font partie du métier, mais pas toujours du contrat. Chez Abeille, par exemple, un urgentiste qui fait du secours en montagne ou des missions humanitaires n'entre pas dans la même catégorie que les autres : l'outil de tarification le refuse, alors qu'il accepte l'urgentiste qui exerce sans ces activités. D'autres assureurs appliquent une exclusion ou une surprime.

Décrivez donc précisément votre activité au moment du devis, SMUR et héliSMUR compris, et faites-la confirmer par écrit avant de signer. Une activité non déclarée peut être opposée le jour d'un sinistre.

Les sports

Escalade, alpinisme, ski de randonnée, plongée : les urgentistes que nous accompagnons pratiquent souvent des sports que les assureurs examinent au cas par cas, selon l'altitude ou la profondeur. Certains demandent un questionnaire spécifique. Mieux vaut le savoir avant de choisir l'assureur.

Quel revenu et quelles garanties choisir

  • Un contrat forfaitaire : le revenu d'un urgentiste qui remplace varie d'une année sur l'autre. Avec un contrat indemnitaire, l'assureur recalcule votre indemnité sur vos revenus déclarés. Une urgentiste qui nous a contactés l'avait appris à ses dépens : ses indemnités avaient été revues à la baisse sur la base d'une année ancienne, alors que ses cotisations avaient suivi la hausse de ses revenus. Avec un contrat forfaitaire, le montant prévu au contrat est versé sans contrôle de vos revenus.
  • Le revenu libéral complet : la prévoyance verse la différence entre ce que paient la CPAM puis la CARMF et le revenu que vous assurez. Indiquez donc votre revenu total, sans déduire ce que versent les régimes obligatoires. Si votre activité libérale progresse vite, visez le revenu attendu dans deux ans : toute hausse ultérieure passe par un nouveau questionnaire de santé.
  • Des frais généraux pour vos cotisations : même sans cabinet, un remplaçant continue de payer l'URSSAF et la CARMF pendant un arrêt, dont la régularisation de l'année précédente. Les indemnités de la CPAM et de la CARMF ne sont pas soumises à cotisations, mais celles de votre contrat Madelin le sont. Dans nos devis, nous retenons souvent 40 % de la part versée par le contrat, un peu plus pour absorber la régularisation.
  • L'invalidité jugée sur la médecine d'urgence : un barème professionnel, avec une rente dès 16 %, vous indemnise si vous ne pouvez plus assurer les urgences, même si vous pourriez encore exercer autrement. La CARMF, elle, ne verse rien en invalidité partielle.
  • Le capital décès : avec de jeunes enfants, beaucoup d'urgentistes choisissent un capital élevé, quitte à le baisser plus tard. La baisse se fait sans formalités médicales, contrairement à une hausse.

Hôpital et libéral, SOS Médecins, clinique : ce qui change

Vous cumulez l'hôpital et une activité libérale

C'est le cas de la moitié des urgentistes qui nous contactent. Deux façons de faire :

  • Un seul contrat, sur l'activité libérale, avec un revenu assuré un peu plus élevé que votre seul revenu libéral. En formule forfaitaire, le montant prévu est versé quel que soit le revenu au moment de l'arrêt. C'est souvent la solution la plus simple et la moins chère : un contrat de médecin hospitalier coûte plus cher à garanties égales, et un sinistre sur deux contrats impose deux dossiers en parallèle.
  • Deux contrats, l'un pour l'activité libérale, l'autre pour vos gardes et vos émoluments, avec une franchise de 90 jours côté hôpital, puisque l'hôpital paie déjà les trois premiers mois. C'est la solution des urgentistes dont les gardes pèsent lourd dans le revenu.

Si vous êtes chef de clinique ou assistant et que vous allez devenir praticien hospitalier, le partage entre fixe et gardes va changer : prévoyez de revoir le contrat à la titularisation.

Vous exercez à SOS Médecins

Vous êtes alors médecin libéral à part entière : votre revenu dépend des visites que vous faites, souvent la nuit et le week-end. Aucun statut salarié ne prend le relais. Votre contrat doit couvrir l'ensemble de votre revenu et vos cotisations sociales.

Vous êtes urgentiste libéral en clinique

Votre exercice repose sur un contrat avec l'établissement. Pendant un arrêt, la clinique ne vous doit rien, et vos cotisations continuent. Assurez votre revenu complet, et vos charges si vous payez une redevance à la clinique.

Vous débutez en libéral

La CPAM ne verse rien avant un an d'affiliation, puis des indemnités calculées sur la moyenne de vos trois dernières années, années sans revenu libéral comprises. La CARMF retient votre revenu de l'avant-dernière année. Les premières années, votre contrat doit donc compenser ces faibles montants. Tous les contrats ne le font pas : vérifiez ce point sur le devis.

Combien coûte une prévoyance pour un médecin urgentiste ?

Le profil retenu est le même dans tous nos guides de spécialités médicales, pour que les prix restent comparables : urgentiste libéral non-fumeur, 10 000 € de revenu mensuel garanti, 5 000 € de frais généraux par mois, un capital décès de 400 000 € et une franchise maladie de 30 jours. Cotisation mensuelle de la première année, selon l'âge à l'adhésion :

ÂgeAbeille Senséo, ParisAbeille Senséo, LyonUnimSwissLife, Paris
35 ans174 €242 €219 €122 €
45 ans253 €341 €219 €166 €
55 ans431 €555 €496 €258 €

Ce qu'il faut en retenir :

  • L'urgentiste paie le tarif du médecin chez les trois assureurs, comme le généraliste : la médecine d'urgence n'est pas surtarifée, tant que vous ne faites ni secours en montagne ni humanitaire.
  • SwissLife est le moins cher à chaque âge, mais son contrat est indemnitaire au-delà de 6 000 € par mois, et il n'indemnise les troubles psychiques sans hospitalisation qu'avec une option qui en verse la moitié.
  • Chez Abeille, la ville compte : le même contrat coûte nettement plus cher à Lyon qu'à Paris. Unim affiche le même prix partout et ne bouge pas entre 35 et 49 ans.

Pour un revenu plus modeste, voici les cotisations proposées à des urgentistes dans nos devis depuis 2024 :

ProfilRevenu assuré par moisCotisation mensuelle
Début de carrière, hôpital et remplacements6 000 €, sans frais44 à 81 €
Médecin de SOS Médecins, une quarantaine d'années5 000 € et 2 000 € de frais102 à 154 €
Urgentiste libéral, une quarantaine d'années8 000 à 12 000 € et 2 000 à 6 000 € de frais109 à 211 €
Partie hospitalière seule (émoluments et gardes), franchise de 90 jours6 000 €environ 80 €

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💵 Conseil gratuit : 0 € de frais de courtage, même tarif qu'en direct

🤝 Abeille, SwissLife et Unim comparés sur les mêmes garanties

🔍 Statut mixte, gardes et activités hors de l'hôpital vérifiés dans nos devis

Les meilleures prévoyances pour un médecin urgentiste

Nous classons ici les trois assureurs avec lesquels nous travaillons et quatre contrats très répandus chez les urgentistes, souvent signés à l'hôpital ou pendant l'internat. Nos critères : formule forfaitaire, troubles psychiques, activités hors de l'hôpital, possibilité d'assurer un statut mixte, et prix.

1 ex aequo. Abeille Senséo : forfaitaire et psychique couvert

Le contrat que nous conseillons le plus souvent aux urgentistes. Voir notre test d'Abeille Senséo.

  • Formule forfaitaire pour les médecins : pas de contrôle de vos revenus le jour de l'arrêt, utile quand on remplace.
  • Troubles psychiques et dos indemnisés sans hospitalisation, après un an d'attente pour le psychique.
  • Un statut de praticien hospitalier prévu à la souscription, pour assurer vos émoluments et vos gardes.
  • Points de vigilance : l'urgentiste qui fait du secours en montagne ou de l'humanitaire n'est pas accepté, et le tarif varie selon la ville.

1 ex aequo. SwissLife : le moins cher

SwissLife propose des prix très bas aux médecins spécialistes et reste le moins cher de nos comparatifs à chaque âge. Voir notre test de SwissLife.

  • L'écart de prix avec Abeille peut atteindre la moitié de la cotisation en début de carrière.
  • Points de vigilance : contrat indemnitaire au-delà de 6 000 € par mois, à mettre à jour si vos revenus baissent ; troubles psychiques couverts seulement après une nuit d'hospitalisation, sauf option.

3. Unim : couvert dès la signature

Réservé aux professionnels de santé, Unim n'applique aucun délai d'attente et déclenche la rente d'invalidité dès 10 %. Si vous déclarez votre activité comme salariée, le premier palier d'indemnités n'est pas ouvert. Les renforts dos et psy se cochent à l'adhésion, impossible de les ajouter ensuite. Voir notre test d'Unim.

4. GPM (AGMF) : connu des hospitaliers, souvent indemnitaire

Le Groupe Pasteur Mutualité est très présent à l'hôpital et propose de bonnes garanties familiales. Vérifiez si votre contrat est indemnitaire : les indemnités sont alors calculées sur vos revenus déclarés, ce qui pénalise les revenus en hausse ou irréguliers. Le lumbago sans lésion objectivée n'est pas couvert. Voir notre test de GPM.

5. Agipi (Axa) : simple, mais limité sur le psychique

Chez Agipi, un arrêt d'origine psychique n'est indemnisé qu'une année au total pendant toute la vie du contrat, hors hospitalisation prolongée. La cotisation progresse vite avec l'âge. Voir notre test d'Agipi.

6. La Médicale : à revoir quand le libéral démarre

Beaucoup d'urgentistes l'ont prise pendant leurs études. La rente d'invalidité ne démarre qu'à partir de 26 %, les arrêts psychiques sont peu couverts et le tarif augmente tous les ans : faites-la comparer quand vous commencez à remplacer. Voir notre test de La Médicale.

7. MACSF : des remises qui ne durent pas

Les jeunes médecins y viennent pour des remises de départ limitées dans le temps. L'invalidité y est mesurée sur votre capacité à exercer n'importe quel métier, pas seulement la médecine d'urgence, et le psychique y est peu protégé. Voir notre test de la MACSF.

Si vous changez d'assureur, ne résiliez l'ancien contrat qu'une fois le nouveau accepté par le service médical, et à son échéance.

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