Quelle prévoyance pour un dermatologue en 2026 ?

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Par

Clément Janicot

Fondateur de Gus Assurance, courtier en prévoyance

Mis à jour le

November 3, 2026

Meilleurs contrats du marché (Abeille, April, Swisslife, Hodeva, Unim et autres)

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Qui sommes nous ?

Le dermatologue libéral exerce avec ses mains et ses yeux : examen au dermatoscope, exérèses, cryothérapie, lasers, parfois injections esthétiques. Une blessure de la main dominante, une épaule douloureuse ou une baisse de la vue suffisent à l'empêcher de travailler, alors que la caisse ne verse rien tant qu'il peut encore exercer un peu. C'est aussi une spécialité où l'on s'installe jeune, souvent après plusieurs années de remplacement, et où l'exercice en clinique ou en société progresse.

prevoyance-madelin.fr est édité par Gus Assurance, courtier en prévoyance des indépendants. Cette page détaille ce que paieraient la CPAM et la CARMF à un dermatologue arrêté, les risques de la spécialité, les garanties utiles, le prix de trois contrats et notre classement. Les règles communes à tous les médecins sont regroupées dans notre guide prévoyance du médecin libéral.

Dermatologue arrêté : combien paient la CPAM et la CARMF ?

Les dermatologues libéraux ont déclaré à la CARMF un revenu moyen de 107 139 € en 2024, soit environ 8 900 € par mois, en hausse de 2,8 % sur un an. C'est moins que la moyenne des médecins libéraux, 127 859 €. Pour ce revenu, les régimes obligatoires verseraient en 2026 :

Moment de l'arrêtOrganismeCe qui est verséRapporté à 8 900 € par mois
3 premiers joursAucun (carence)Rien0 %
4e au 90e jourCPAMEnviron 147 € par jour, soit 4 460 € par mois50 %
91e jour à la fin de la 3e annéeCARMFEnviron 147 € par jour, soit 4 460 € par mois50 %
InvaliditéCARMF23 662 à 31 549 € par an, seulement en cas d'inaptitude totale22 à 29 %

Trois points pèsent particulièrement pour un dermatologue :

  • un revenu sous le plafond : les indemnités obligatoires ne plafonnent qu'à partir de 144 180 € de revenu, à 197,51 € par jour. La plupart des dermatologues sont en dessous : la CPAM puis la CARMF remplacent la moitié de leur revenu, pas plus. Le reste, et toutes les charges du cabinet, dépendent de votre contrat ;
  • le secteur 2 compte : en 2022, quatre dermatologues libéraux sur dix exerçaient en honoraires libres, avec un revenu moyen supérieur d'environ 24 % à celui du secteur 1. Vos dépassements font partie du revenu à assurer, et ils s'arrêtent avec vos consultations ;
  • rien la première année : la CPAM n'indemnise qu'après douze mois d'affiliation. Une dermatologue qui termine son internat ou quitte l'hôpital ne perçoit rien de la CPAM jusqu'au 90e jour, puis la CARMF lui verse son minimum, 65,84 € par jour, tant que ses revenus libéraux de référence restent faibles.

Les risques propres au métier de dermatologue

La main, l'épaule et la vue : le barème professionnel fait la différence

Gestes fins répétés toute la journée, posture penchée au-dessus du patient, travail à la loupe ou au dermatoscope : les troubles de la main, du poignet, de l'épaule et de la nuque sont les arrêts typiques du dermatologue, avec les atteintes de la vue. Ce sont aussi ceux qui posent le plus de difficultés au moment de chiffrer une invalidité :

  • avec un barème fonctionnel, qui mesure l'atteinte du corps sans tenir compte du métier, la raideur de deux doigts ou une baisse partielle de la vision donnent un taux faible, souvent sous le seuil de déclenchement de la rente ;
  • avec un barème professionnel, l'expert apprécie ce que vous ne pouvez plus faire en dermatologie : exérèses, dermatoscopie, lasers, injections. Le même handicap peut alors dépasser 66 %, le niveau qui donne droit à la rente complète.

Pour un médecin, la rente partielle démarre à 16 % d'invalidité chez Abeille et SwissLife, Unim à partir de 10 % avec un barème professionnel annexé au contrat. La CARMF, elle, ne verse rien en dessous de l'inaptitude totale.

Un antécédent à la main n'empêche pas de s'assurer

Une dermatologue opérée il y a deux ans d'une fracture du poignet de la main dominante, sans séquelle, nous a demandé si elle devait le déclarer au questionnaire de santé. La réponse est oui : la question porte sur toute opération des dix dernières années. Le plus souvent, l'assureur accepte le dossier, au besoin avec une exclusion limitée à l'articulation concernée. Ne rien déclarer exposerait au contraire à un refus d'indemnisation le jour d'un arrêt, précisément pour la main.

Même vigilance pour un arrêt ancien sans cause physique, même court : les outils de souscription posent souvent une exclusion automatique des troubles psychiques. Une étude du dossier par le service médical de l'assureur permet parfois de la lever.

Activité esthétique : déclarez-la et assurez ses recettes

Lasers, peelings, injections de toxine botulique ou d'acide hyaluronique : une partie des dermatologues complète la dermatologie médicale par des actes esthétiques, non remboursés par l'Assurance maladie. Pour la prévoyance, trois précautions :

  • décrivez votre activité réelle à la souscription : l'invalidité sera appréciée sur ce que vous faisiez effectivement. Un contrat qui ne mentionne que la dermatologie médicale peut compliquer l'évaluation si vous ne pouvez plus pratiquer les actes techniques qui faisaient l'essentiel de vos recettes ;
  • incluez ces recettes dans le revenu assuré : elles s'arrêtent avec votre activité, et la CARMF ne les remplace qu'à hauteur de la moitié de votre revenu global ;
  • préférez un contrat forfaitaire : les recettes esthétiques changent d'une année sur l'autre. En formule forfaitaire, l'assureur paie l'indemnité inscrite au contrat même si vos recettes ont baissé l'année de l'arrêt. C'est la règle chez Abeille et Unim pour un médecin ; chez SwissLife, aucun justificatif de revenu n'est exigé jusqu'à 6 000 € garantis par mois.

Une complication chez un patient relève de la responsabilité civile professionnelle, une assurance distincte de la prévoyance, qui ne la remplace pas.

Grossesse et PMA : lisez les exclusions

Parmi les dermatologues qui nous contactent, la plupart sont des femmes de moins de 35 ans, souvent avec un projet d'enfant à court terme. Trois règles :

  • la grossesse pathologique est couverte comme une maladie, à condition de ne pas être enceinte à la souscription : chez Abeille, toutes les complications pour les médecins ; chez SwissLife, seulement celles d'une liste fermée ;
  • les arrêts liés à une PMA ou à un traitement de l'infertilité sont exclus chez Abeille. La notice d'Unim ne prévoit pas d'exclusion de ce type : si vous avez un parcours de PMA en vue, posez la question avant de choisir ;
  • le congé maternité est payé par l'Assurance maladie, pas par votre contrat : la prévoyance n'intervient que pour les complications, avant ou après.

Les garanties à régler quand on est dermatologue

  • Le revenu : retenez votre bénéfice entier, avec les dépassements d'honoraires et les actes esthétiques ; c'est l'assureur qui retranche les versements de la CPAM puis de la CARMF. Les garanties sont revalorisées chaque année sans nouveau questionnaire, indexées sur le PASS chez Abeille et sur le point Agirc-Arrco chez Unim. En revanche, une hausse de garantie après votre installation impose une nouvelle sélection médicale : visez d'emblée le revenu que vous attendez dans deux ans.
  • Les frais du cabinet : loyer, secrétariat, logiciel, crédit ou location du laser et du matériel, cotisations sociales. Dans nos devis de dermatologues installées, cette garantie porte le plus souvent sur 1 500 à 2 500 € par mois. Sa durée de versement varie : un an chez Unim, un an et demi chez Abeille, deux ans chez SwissLife pour un médecin.
  • La franchise : 30 jours en maladie par défaut, 15 jours en cas de trésorerie juste ou d'enfant prévu, au prix d'une cotisation un peu plus élevée.
  • L'invalidité jugée sur la dermatologie : barème professionnel et rente à partir de 16 %, ou 10 % chez Unim.
  • Le psychique et le dos indemnisés même sans hospitalisation, quitte à prendre l'option correspondante.
  • Le temps partiel thérapeutique : après un arrêt à la main ou à l'épaule, la reprise se fait souvent à temps partiel. Abeille verse alors la moitié de l'indemnité pendant douze mois au plus, Unim jusqu'à 365 jours.
  • Le capital décès, et une rente éducation quand vous aurez des enfants : elle ne peut pas être souscrite avant, il faudra mettre le contrat à jour à la naissance.

Remplaçante, installation, clinique, SELAS : ce qui change

Remplaçante

Sans cabinet ni charges fixes, une remplaçante protège avant tout son revenu, pour une cotisation modeste : de l'ordre de 40 à 70 € par mois pour 4 000 € de revenu protégé dans nos devis. Souscrire à ce stade fige un dossier médical encore vierge, ce qui facilite l'installation.

De l'hôpital au cabinet

Le passage de l'hôpital au libéral est un changement de statut : votre ancienne couverture ne protège pas votre activité libérale, et ce changement permet en général de résilier l'ancien contrat. Souscrivez le nouveau avant l'installation, en particulier si vous avez un projet de grossesse.

En clinique et en société

En clinique, la redevance remplace souvent le loyer et le secrétariat : la garantie frais généraux peut être plus légère qu'en cabinet. Le passage en société, lui, mérite une vérification. Une dermatologue que nous assurons s'est installée en secteur 2 dans une clinique, puis a créé une SELAS. L'assureur a d'abord considéré qu'elle devenait dirigeante assimilée salariée, ce qui lui aurait fait perdre la déduction Madelin et les indemnités des 90 premiers jours. Elle restait pourtant affiliée à la CARMF, avec des revenus médicaux déclarés en BNC : après vérification avec l'inspecteur de la compagnie, son contrat a été maintenu à l'identique. Signalez votre passage en société, mais vérifiez ce que l'assureur en conclut.

Combien coûte une prévoyance pour un dermatologue ?

Nos guides médicaux utilisent tous le même profil, pour que vous puissiez les comparer : non-fumeur, 10 000 € de revenu et 5 000 € de frais par mois garantis, 400 000 € de capital en cas de décès, 30 jours de franchise en maladie. Prix mensuel selon l'âge à la signature :

ÂgeAbeille Senséo, ParisAbeille Senséo, LyonUnimSwissLife, Paris
35 ans174 €242 €219 €122 €
45 ans253 €341 €219 €166 €
55 ans431 €555 €496 €258 €

À retenir :

  • Un dermatologue paie le même tarif qu'un cardiologue ou un radiologue chez les trois assureurs : Abeille et Unim tarifent toutes les spécialités médicales de la même façon, et SwissLife range la dermatologie dans le même groupe que la cardiologie et la radiologie.
  • SwissLife arrive en tête sur le prix aux trois âges. Un arrêt psychique n'y est pris en charge qu'avec une hospitalisation d'au moins une nuit ; l'option de rachat, qui paie 50 % des indemnités sans hospitalisation, ajoute 16 à 28 € par mois.
  • Chez Abeille, l'adresse du cabinet change le prix : à Lyon, le même contrat revient environ 40 % plus cher qu'à Paris.
  • Comparez aussi les garanties : le tarif Unim affiché est sans Renfort Dos, et ses frais généraux ne sont versés qu'un an.

Ce profil à 10 000 € dépasse le revenu de la plupart des dermatologues. Les devis que nous leur avons présentés depuis 2024 portaient sur des montants plus bas :

ProfilGarantiesCotisation mensuelle
Remplaçante, 31 ans4 000 € de revenu, franchise 30 jours36 à 70 €
Installée, 30 ans6 000 € de revenu et 2 000 € de frais, franchise 15 jours120 à 129 €
Installation, 29 ans8 000 € de revenu et 2 500 € de frais, franchise 15 jours164 à 168 €

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🤝 Abeille, SwissLife et Unim comparés sur les mêmes garanties

🔍 Barème d'invalidité, antécédents et frais du cabinet vérifiés dans nos devis

Les meilleures prévoyances pour un dermatologue

Ce palmarès réunit nos assureurs partenaires et les contrats que les dermatologues rencontrent dès l'internat. Nos critères pour un dermatologue : barème d'invalidité professionnel et seuil de la rente, traitement des antécédents, psychique et dos, grossesse, frais du cabinet et prix.

1 ex aequo. Abeille Senséo : l'expertise sur le métier

Voir notre test d'Abeille Senséo.

  • Barème professionnel et rente à partir de 16 % pour les médecins, en formule forfaitaire.
  • Pour un médecin, arrêts psychiques et lombalgies pris en charge sans hospitalisation, et grossesse pathologique couverte sans liste fermée.
  • Frais du cabinet versés pendant 18 mois.
  • Points de vigilance : arrêts liés à une PMA exclus, aucune maladie couverte pendant les trois premiers mois, et une sélection médicale exigeante sur les antécédents.

1 ex aequo. SwissLife : le plus bas prix de notre exemple

SwissLife tarifie le dermatologue comme le cardiologue ou le radiologue et reste le moins cher à chaque âge de notre exemple. Voir notre test de SwissLife.

  • Frais du cabinet versés pendant 24 mois pour les médecins.
  • Pas de contrôle de vos revenus au moment de l'arrêt tant que le montant garanti reste sous 6 000 € par mois.
  • Points de vigilance : grossesse pathologique limitée à une liste de complications, et arrêt psychique indemnisé seulement après une nuit à l'hôpital, sauf option.

3. Unim : la rente dès 10 % et aucun délai d'attente

Réservé aux professionnels de santé, Unim déclenche la rente d'invalidité à partir de 10 % avec un barème professionnel annexé au contrat, n'applique aucun délai d'attente et indemnise le temps partiel thérapeutique jusqu'à 365 jours. Sa notice ne prévoit pas d'exclusion propre à la PMA. Le dos et le psychique demandent deux options à cocher dès la signature, et la garantie des charges ne dure que 12 mois. Voir notre test d'Unim.

4. GPM (AGMF) : solide pour la famille, mais cher

La mutuelle du Groupe Pasteur prévoit des délais de carence courts et des garanties familiales larges. En contrepartie, sa cotisation est au-dessus du marché, une lombalgie sans lésion visible à l'imagerie n'est pas indemnisée, et l'invalidité est mesurée par rapport à la pratique ordinaire de la spécialité. Voir notre test de GPM.

5. La Médicale : attractive au démarrage, à revoir à l'installation

Souvent proposée dès l'internat, avec des conditions de lancement qui la rendent attractive en début d'exercice. À surveiller : aucune rente avant 26 % d'invalidité, des arrêts psychiques peu couverts et une prime qui progresse tous les ans. Comparez l'évolution de la cotisation, pas seulement la première mensualité. Voir notre test de La Médicale.

6. Agipi (Axa) : un contrat simple, plafonné sur le psychique

Vendu par le réseau Axa, Agipi ne paie qu'une année d'arrêts psychiques sur toute la vie du contrat, hors hospitalisation longue, impose une franchise absolue de 30 jours pour le dos, et son tarif grimpe rapidement avec l'âge. Voir notre test d'Agipi.

7. MACSF : une invalidité appréciée tous métiers confondus

Les remises de départ de la MACSF plaisent aux internes et aux jeunes installés. Mais son taux d'invalidité se calcule sur ce que vous pouvez encore faire, quel que soit le métier : pour une main abîmée, c'est la règle la moins favorable à un dermatologue. Les arrêts psychiques et la grossesse pathologique y sont peu protégés. Voir notre test de la MACSF.

Ne résiliez l'ancien contrat qu'une fois le nouveau accepté par l'assureur, en tenant compte de sa date d'échéance.

Nos guides pour les autres spécialités médicales

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